L’Art à cela d'inépuisable,
qu’avant même de convertir nos âmes,
il sait d'abord se rendre indispensable à celui qui le crée,
de sorte que les civilisations ont toujours su s'en servir comme le rempart invincible
à l'abri duquel il leur devenait possible de prospérer. 
L'Art de Jérémy Kus est une muraille,
une muraille qui abrite plus d'une liberté, et aucune à laquelle il entend renoncer.
La liberté de penser, 
certainement,
mais également celle de renouveler sa pensée,
la liberté de créer mais aussi celle de remettre en question sa créativité,
la liberté de s'éprouver vivant, inépuisable,
irréductible aux codes, fussent ils aussi subversifs que ceux du mouvement Hip-hop.
La liberté d'adopter le monde, de l’interpeller, qu’enfin il nous révèle
en quoi nous lui sommes si indispensable, trouver un sens à sa vie diraient certains...
"Mon œuvre"  rappelle Jérémy "
n'est pas celle d'une époque ou d'une tendance, mais celle d'un instant..."
Un instant aussi dense que l'expérience de toute une vie,
une vie qu'il consacre à réanimer la couleur et articuler les formes à la manière d'un vocabulaire
dont il se sert pour nous raconter qui il est. C'est un langage de Babel, qui empreinte à toutes les techniques
comme les langues savent emprunter aux dialectes pour enrichir leur discours.
Ce langage lui a enseigné un secret qui se rappelle à son souvenir chaque fois qu'ils croisent le chemin
des bien-pensants qui tentent inévitablement  de l'amadouer pour lui conseiller des voies plus orthodoxes.
"Si ils s'autorisent une entreprise aussi vaine, lui souffle t-il à l’oreille" c'est qu'ils ignorent  encore,
que c'est en définissant de nouvelles règles que, généralement,
les révoltes renoncent à leur vigilance.
 
Molskee